Fleetwood à Birkdale: tout Southport sur les épaules

À Birkdale, aucun joueur n'a soulevé plus de vagues pendant les rondes d'entraînement que Tommy Fleetwood, 35 ans, l'enfant de Southport qui dispute cette semaine l'Omnium britannique dans la ville où il a appris à jouer. La veille du premier départ a confirmé ce que la semaine laissait deviner: le vrai baromètre émotif de ce 154e Open, ce n'est ni Scheffler ni McIlroy, c'est le gars dont le visage est peint sur un mur du club de sport local.

Le kid qui se faufilait sur le « hallowed turf »

L'histoire a tout du conte anglais. Enfant, Fleetwood considérait Royal Birkdale comme un territoire interdit, du « hallowed turf », un gazon sacré selon ses mots, où il se faufilait à l'occasion pour frapper quelques balles pendant les promenades du chien avec son père. Son vrai terrain d'apprentissage, c'était le Southport Municipal, un parcours public qui se présente fièrement comme le plus vieux links municipal d'Angleterre, où il a commencé vers l'âge de 6 ans dans le programme junior du lundi soir. Mercredi, sous un ciel bleu parfait, des touristes de l'Alabama y payaient 19 livres pour marcher dans ses traces. Le contraste est savoureux: rien dans la modeste boutique du Municipal ne souligne son joueur le plus célèbre, mais une murale de Fleetwood en uniforme de la Coupe Ryder orne le Southport & Birkdale Sports Club, et les jeunes de la Tommy Fleetwood Academy du club Formby Hall font la file pour ses autographes cette semaine.

« Un carburant vraiment positif »

La question qui tue, Fleetwood se l'est fait poser toute la semaine: la pression du parcours maison, cadeau ou fardeau? Sa réponse a le mérite d'être limpide. « It's very rare to have an opportunity to play a tournament, let alone the Open, in the town where you grew up... To see people emotionally invested in you, I think it's very special », il est très rare de jouer un tournoi, encore moins un Open, dans sa ville natale, et voir des gens émotivement investis en soi, c'est très spécial (traduction libre).

Il dit vouloir en faire « really, really positive fuel », un carburant vraiment positif. Et il connaît le piège: à Birkdale en 2017, il avait ouvert avec un 76 avant de se battre pour faire la cut grâce à un 69 qu'il décrit comme une de ses meilleures rondes à vie, en route vers une égalité au 27e rang. À Royal Liverpool en 2023, autre rendez-vous quasi maison, il partageait la tête après 18 trous avant de glisser au 10e rang.

Pourquoi ça compte: 34 ans de disette anglaise

Derrière la carte postale, l'enjeu sportif est réel. Aucun golfeur né en Angleterre n'a gagné l'Omnium britannique depuis Nick Faldo en 1992, une disette de 34 ans que tout un pays aimerait voir se terminer dimanche. Et Fleetwood n'a plus rien du négligé sentimental: 9e joueur mondial, 11 victoires à travers le monde, champion en titre de la FedEx Cup depuis son premier titre du PGA Tour au Tour Championship l'été dernier, il en sera à un 45e départ en majeur, avec deux deuxièmes places (Omnium américain 2018, Omnium britannique 2019) comme cicatrices de motivation.

Rory McIlroy, qui a raté la cut chez lui à Portrush en 2019 après un 79 initial, a servi la mise en garde et le compliment dans la même phrase: « I feel like Tommy's more level-headed than I am and won't fall into that trap like I did in 2019 », Tommy a la tête plus froide que moi et ne tombera pas dans ce piège (traduction libre). Le mot de la fin appartient à Patrick Hodgson, membre du Municipal, 71 ans: « We own a little bit of him », on possède un petit morceau de lui (traduction libre).

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