Fortinet Cup: Papineau et Savoie, deux Québécois au top 10

Joey Savoie et Etienne Papineau

Une ville de 100 000 habitants sur le bord du Richelieu place deux golfeurs dans le top 10 de la Fortinet Cup. À cinq tournois de la fin, Étienne Papineau et Joey Savoie ont chacun une main sur une carte du Korn Ferry Tour. Reste à ne pas la lâcher.

Le classement de la Fortinet Cup, c'est le nerf de la guerre du PGA Tour Americas: au terme de la saison, les 10 premiers décrochent une carte du Korn Ferry Tour, l'antichambre du grand circuit. Et en ce lundi, la lecture du tableau officiel a de quoi faire sourire tout le Québec golfique: Étienne Papineau pointe au 5e rang avec 786,3 points, et Joey Savoie au 7e avec 672,7 points. Deux gars de Saint-Jean-sur-Richelieu dans le top 10 d'un circuit qui couvre deux continents, ça ne s'invente pas. Mais un classement à la fin juillet, c'est une photo, pas un contrat: voici ce que les chiffres disent vraiment, et ce qui peut encore tout changer.

Le portrait: 5e et 7e, avec du coussin mais pas de luxe

Au sommet, l'Américain Thomas Ponder domine avec 1 495,3 points, loin devant Corey Pereira (1 084,4) et Patrick Flavin (996,9). Suit Jack Lundin (873,8), puis Papineau, dont la victoire de dimanche à l'Osprey Valley Open l'a hissé au 5e échelon. Drew Doyle (673,6) et Savoie complètent le portrait immédiat, et c'est ici que ça devient savoureux: moins d'un point sépare Doyle et Savoie au 6e et au 7e rang. Plus important encore, la marge sur le premier exclu: Mason Williams, 11e avec 551,3 points, accuse 235 points de retard sur Papineau et environ 121 sur Savoie. En clair, Papineau a un matelas confortable, Savoie un coussin respectable, mais une seule grosse semaine d'un poursuivant, une victoire vaut 500 points sur ce circuit, peut rebrasser les cartes.

Deux chemins, une même prolongation, la même victime

Le hasard fait parfois bien les choses. En mai, à Quito, Savoie a calé un birdie de 10 pieds au 72e trou pour forcer une prolongation, puis un autre au troisième trou supplémentaire pour remporter le Kia Open de Ecuador, sa première victoire sur le circuit. Sa victime en prolongation? Jack Lundin. Dimanche, à Caledon, Papineau a servi exactement le même scénario au même homme: un par solide au deuxième trou de prolongation de l'Osprey Valley Open, et Lundin repartait encore deuxième. Deux Québécois, deux premières victoires en 2026, deux prolongations gagnées contre le même adversaire, aujourd'hui 4e au classement. Si Lundin voit un jour une plaque « Bienvenue à Saint-Jean-sur-Richelieu », on lui pardonnera un frisson. Savoie est ainsi devenu le cinquième Canadien à gagner sur le PGA Tour Americas, Papineau le sixième.

Pourquoi ça compte: la carte Korn Ferry, le vrai trophée

La Fortinet Cup ne se joue pas pour la gloire d'un lundi de juillet: elle se joue pour l'accès. Une place dans le top 10 en fin de saison, c'est un statut complet sur le Korn Ferry Tour en 2027, le circuit d'où sont sortis Conners, Pendrith et à peu près tous les Canadiens du PGA Tour actuel. Pour Savoie, 30 ans et une septième saison professionnelle dans le corps, l'enjeu dépasse le sportif. L'an dernier, après le tournoi en Équateur justement, il a songé à tout arrêter, freiné par des ennuis de santé. « It's just funny that my first PGA TOUR (Americas) win is where I made the decision to keep playing », a-t-il confié à Golf Canada après son triomphe de Quito, savourant l'ironie d'avoir gagné là où il avait choisi de continuer. Sa victoire, obtenue à son 36e départ sur ce circuit et son 74e en carrière sur des circuits sanctionnés par le PGA Tour, avait des allures de délivrance. Papineau, lui, revient d'encore plus creux: cinq cuts ratées pour amorcer la saison avant la remontée qu'on connaît. Deux trajectoires cabossées, un même objectif à cinq tournois de la ligne d'arrivée.

Ce qui reste au menu

Le circuit fait relâche trois semaines avant de reprendre au Manitoba Open, du 20 au 23 août, premier de cinq tournois restants avant la remise des cartes. La pause tombe bien pour souffler, moins bien pour l'élan: Papineau arrive en pleine confiance avec deux 63 en poche, Savoie voudra retrouver le tranchant de son printemps. D'ici là, on gardera un œil sur la meute derrière: Sheehan (653,1), Armstrong (631,2) et Lewis (573,0) complètent un top 10 où tout le monde se tient en moins de 100 points du 7e au 10e rang. Le scénario rêvé, deux Johannais sur le Korn Ferry Tour en 2027, n'a jamais été aussi concret. Le scénario cauchemar, une glissade d'août, reste mathématiquement possible. C'est exactement pour ce genre de fin de saison qu'on suit nos joueurs 12 mois par année.

Aussi, un petit projet lors de la Coupe Canada, où Swing ton swing sera présent… avant de terminer la course!

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Étienne Papineau remporte l'Osprey Valley Open en prolongation