Savoie 5e, Papineau 25e: le top 10 se joue chez nous

À la veille de l'Explore NB Open, la liste officielle des points du PGA Tour Americas dessine deux courses bien différentes pour nos Québécois. Voici les chiffres exacts, et ils racontent toute une histoire.

Le virage canadien du PGA Tour Americas s'amorce demain au parcours Mactaquac de Fredericton, et le circuit a publié sa liste de points officielle juste à temps pour qu'on fasse les comptes. On vous annonçait dimanche que la semaine serait charnière pour Papineau et Savoie; on peut maintenant mettre des chiffres précis sur l'enjeu. Joey Savoie pointe au 5e rang avec 630,8 points, en plein cœur d'un peloton où quatre joueurs se tiennent à moins de 40 points. Étienne Papineau, lui, occupe le 25e rang avec 250,7 points, à environ 243 points du dixième échelon, celui qui distribue les cartes du Korn Ferry Tour. Deux positions, deux missions: l'un défend, l'autre attaque.

Savoie, 5e: un coussin réel, un peloton de fou

Commençons par la bonne nouvelle: Savoie détient près de 138 points d'avance sur le 10e rang, occupé par l'Américain Riley Lewis (493,3 points). C'est un vrai coussin, bâti sur sa victoire du printemps en Équateur, arrachée à -21 en prolongation. Mais regardez la densité autour de lui: Thomas Ponder (4e) n'est qu'à 12 points devant, Drew Doyle (3e) à 37 points, pendant que Dawson Armstrong (6e) respire dans son cou à moins de 18 points derrière. Détail savoureux: Jack Lundin, l'homme que Savoie a battu au troisième trou de prolongation en Équateur, le talonne au 7e rang avec 562,2 points. En clair, le Québécois peut viser le podium du classement autant que craindre une glissade: dans ce peloton, une bonne ou une mauvaise semaine vaut deux ou trois rangs. Loin devant, Corey Pereira (1 004,5 points) et Patrick Flavin (935,4) ont creusé un écart d'une autre catégorie.

Papineau, 25e: 243 points à aller chercher sur six semaines à domicile

Pour Papineau, le portrait est plus simple et plus brutal: il lui manque environ 243 points pour rejoindre le top 10. Sa deuxième place en Colombie à la mi-juin, décrochée à -17 avec un 64 en ronde finale, lui a donné l'essentiel de son coffre actuel de 250,7 points. La bonne nouvelle, c'est que le calendrier lui offre exactement ce dont un joueur en mission a besoin: du volume et des parcours familiers. Six tournois canadiens d'ici la fin septembre, en commençant par Fredericton demain, puis Ottawa au club The Marshes (16 au 19 juillet) et l'Osprey Valley Open au TPC Toronto (23 au 26 juillet). Le golfeur de Saint-Jean-sur-Richelieu a déjà gagné au pays sur ce circuit, à Victoria en 2023, et son élan colombien prouve que la forme est là. Une victoire rapporterait d'un coup l'essentiel du terrain à combler; deux ou trois top 5 feraient aussi le travail.

Pourquoi ces chiffres comptent doublement cette année

Le décryptage tient en deux mécanismes. Un: le top 10 de la liste finale obtient sa carte du Korn Ferry Tour pour 2027, plus une bourse de 15 000 $US du programme Pathways. C'est la seule sortie vers le haut, et elle passe par la constance de juillet à octobre. Deux: seuls les 60 premiers après le ATB Classic d'Edmonton (17 au 20 septembre) accèdent au championnat de fin de saison, disputé du 15 au 18 octobre en République dominicaine. Savoie joue donc pour le rang, Papineau joue d'abord pour les points, mais aussi pour verrouiller sa place dans le top 60. « Each one provides a chance for the future stars of the PGA TOUR to develop the skills needed to succeed at the next level », résumait Alex Baldwin, présidente du circuit, en présentant ce calendrier. Pour une fois, les futures étoiles en question parlent français.

Les autres noms d'ici sur la liste

Le contingent d'ici ne se limite pas à nos deux locomotives. L'Albertain Brendan MacDougall pointe au 96e rang égalité (43 points) et Max Sekulic au 124e (19,5 points). Plus préoccupant: plusieurs Canadiens inscrits sur la liste n'ont encore aucun point officiel au compteur cette saison, dont le Québécois Laurent Desmarchais, aux côtés de Thomas Giroux, Noah Steele, Johnny Travale et Ashton McCulloch. Pour eux, le virage canadien est moins une course au classement qu'une fenêtre de survie: six occasions de se relancer devant leur monde, dans des champs où chaque départ compte. C'est aussi ça, la réalité d'un circuit de développement: pendant que deux Québécois calculent leurs points, d'autres calculent leurs départs.

La suite est limpide: premières rondes demain à Mactaquac, et chaque coup pèsera sur une liste de points qui n'a jamais été aussi lisible. On surveille le duel à distance Savoie-Lundin, la chasse de Papineau et le premier signe de vie des nôtres qui attendent encore leurs premiers points. Rendez-vous dimanche soir pour refaire les comptes.

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