La Vallée du Richelieu, l'usine à champions que le golf québécois ne peut plus ignorer

Prends n'importe quel leaderboard junior ou amateur au Québec cette saison et cherche les mots « Vallée du Richelieu ». Tu vas les trouver. En haut. Champion provincial junior, doublé bantam et pee-wee à domicile, équipe du Québec, Coupe Williamson, bourses d'excellence : le club de Sainte-Julie produit des champions à une cadence qui ferait rougir bien des académies.

Coïncidence ? On a creusé, et non, ce n'est pas une coïncidence.

Un club bâti sur les traces des légendes

Avant de parler de la relève, il faut comprendre le terrain de jeu. Le Club de golf de la Vallée du Richelieu, c'est deux parcours de championnat sur la Rive-Sud, à une trentaine de minutes de Montréal : le Verchères, ouvert en 1965 et dessiné par William F. Gordon, et le Rouville, ouvert en 1967.

Et sur ces allées-là, il s'est passé de grandes choses. Le Rouville a reçu l'Omnium canadien deux fois, en 1971 et en 1973, Tom Weiskopf a soulevé le trophée en 1973 avec un total de 278, pendant que Hale Irwin abaissait le record du parcours avec un 65. La même année, le club a organisé une journée Jack Nicklaus pour que les membres puissent voir l'Ours doré à l'œuvre. En 1979, c'est la LPGA qui débarquait avec la Classique Peter Jackson, remportée par Amy Alcott. Et en 1994, un Skins Game réunissait Fred Couples, Nick Price, Lee Trevino et Tom Watson sur les verts de Sainte-Julie. Plus récemment, le Circuit des Champions de la PGA y a fait escale en 2012 et 2013.

Autrement dit : les jeunes de la Vallée grandissent littéralement dans les pas de Weiskopf, Trevino et Couples. Ça ne garantit rien, mais ça donne le ton.

Torti, la matriarche

Impossible de parler de champions à la Vallée sans nommer Marie-Thérèse Torti. La membre du Temple de la renommée du golf du Québec a accumulé 25 victoires en compétitions provinciales, un total que personne ne s'apprête à rattraper, et son nom figure sur à peu près tous les trophées du golf amateur féminin québécois, du championnat provincial à la Coupe des joueuses. Quand la relève du club cherche un modèle de longévité et de constance, elle n'a pas besoin de regarder bien loin : il est dans le vestiaire.

Et la filière ne date pas d'hier non plus chez les gars : en 2013, c'est un jeune de 18 ans de la Vallée du Richelieu, Hugo Bernard, qui remportait le championnat provincial amateur par cinq coups au Royal Montréal, avant de poursuivre son parcours avec l'équipe nationale. Le moule existait déjà.

La relève qui arrive de partout

Maintenant, le présent. Et accroche-toi, parce que la liste est longue.

Alexis Rouleau d'abord. Le nouveau champion provincial junior 2026 a gagné son titre à -15… en jouant avec un driver brisé. Le même Rouleau a terminé T5 au classement mondial de la Coupe du monde junior Toyota au Japon.

Charlie Bouchard ensuite. Il vient d'être sélectionné par Golf Québec pour représenter la province à la Coupe Williamson, les 10 et 11 août au New Jersey, dans l'équipe de quatre joueurs qui vise la revanche après la défaite d'un point de 2025.

Et ce n'est pas fini. Mikaël Coupal, Zach Pageau et Charles-Edmond Proulx, tous trois de la Vallée du Richelieu, figurent parmi les membres de l'équipe du Québec de Golf Québec. Coupal, Pageau et Proulx, accompagnés d'Elizabeth Dufresne, ont aussi été nommés récipiendaires 2026 du Programme de bourses Golf Québec x Fondation Aléo, quatre boursiers d'excellence issus du même club, la même année.

Chez les plus jeunes, la machine tourne déjà, et en juillet, elle a tourné à la maison. Le club recevait le Championnat provincial bantam, pee-wee et moustique de Golf Québec, et ses deux protégés ont réussi le doublé à domicile : Adam Lauzon a écrasé la catégorie bantam avec un cumulatif de 137 (-7), couronné par un 67 en ronde finale et une avance de 18 coups, pendant que Rafael Dagenais remportait le titre pee-wee à 146 (+2). Deux trophées soulevés sur leur propre parcours. Lauzon avait d'ailleurs déjà gagné le titre pee-wee de la Classique Optimiste Assante en 2024, la même année où Arnaud Guimond dominait la catégorie bantam du même tournoi.

Fais le compte : un champion provincial junior, un porte-couleurs à la Coupe Williamson, trois membres de l'équipe du Québec, quatre boursiers Aléo, et deux champions provinciaux bantam et pee-wee couronnés à domicile. Tout ça, un seul club.

Et les filles ? Elles s'en viennent aussi

L'héritière de Torti n'est peut-être pas si loin. Parmi les quatre boursiers Aléo 2026 du club, il y a une golfeuse : Elizabeth Dufresne, reconnue par Golf Québec et la Fondation Aléo comme étudiante-athlète d'exception. Chez les plus jeunes, Raphaelle Provost a remporté le titre bantam féminin de l'Invitation junior Graham Cooke 2025 au Domaine Château-Bromont avec un cumulatif de 168, et Ellie Simoneau a terminé cinquième du championnat provincial bantam disputé sur son propre parcours en juillet.

Le pipeline féminin de la Vallée est plus jeune, moins garni que celui des gars, pour l'instant. Mais dans un golf québécois où la relève féminine s'appelle Justine Emond, Léonie Tavares et Mégan Turcotte, garde l'œil sur les couleurs de Sainte-Julie dans les tableaux féminins des prochaines saisons. Ce club-là n'a pas l'habitude de faire les choses à moitié.

La vraie question : pourquoi ça marche ?

La réponse a une adresse : L'académie Vallée du Richelieu, inaugurée en 2022. Et le détail qui change tout pour un club québécois, c'est trois mots, ouverte à l'année. Pendant que la majorité de la relève d'ici range ses bâtons en novembre, les jeunes de la Vallée continuent de frapper des balles tout l'hiver dans des installations équipées de six unités Trackman 4, avec un Centre de performance TaylorMade intégré et un service d'ajustement de bâtons sur mesure. L'encadrement est assuré par une équipe de professionnels certifiés de la PGA du Canada, menée par le pro en titre Michel Blier, et qui compte notamment Élise Paiement, nommée enseignante de golf de l'année de la PGA du Québec en 2021.

Et la filière commence tôt. Le club est reconnu par Golf Canada et Golf Québec comme Centre de développement de golf junior : le programme Premiers Élans initie les enfants de 6 à 9 ans, les juniors de 10 à 18 ans profitent de cliniques gratuites supervisées toute la saison, et le club accueille même chaque année un nombre limité de jeunes golfeurs dont les parents ne sont pas membres, spécifiquement pour développer la relève. De 6 ans jusqu'au fleurdelisé sur le sac, le chemin est balisé au même endroit.

Douze mois d'entraînement par année, la technologie, l'encadrement, et un pipeline qui part du primaire : les usines à champions ne naissent jamais par hasard. Il reste quand même une couche qu'aucun communiqué ne peut raconter, ce que ça fait, de l'intérieur, de grandir là-dedans. Swing Ton Swing va poser la question directement aux principaux intéressés : les jeunes, les entraîneurs, le club. Ça s'en vient.

Retiens ce nom-là

La prochaine fois que tu suis un leaderboard québécois, junior ou amateur, garde un œil sur les lettres « VdR » à côté des noms. Si la tendance se maintient, tu vas revoir ce club-là dans nos pages souvent. Très souvent.

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