Canadien amateur: 18 trous entre le Québec et la Coupe Earl Grey

Mercredi a rebattu les cartes à Calgary: Tobias Buffam et Dawson Lew partiront co-meneurs à -14 de la ronde finale du Canadien amateur. Mais avec Jean-Philippe Parr et Émile Lebrun à quatre coups, le Québec a encore 18 trous pour tout renverser.

Au lendemain de la journée parfaite du golf québécois, la troisième ronde du 121e Championnat canadien amateur a remis tout le monde à sa place, et cette place se joue serré. L'Albertain Tobias Buffam (66) et l'Ontarien Dawson Lew (67) partiront à égalité en tête à -14 (202) pour la ronde finale, disputée aujourd'hui au Mickelson National de Calgary. Derrière eux, à -10, deux Québécois se partagent le 3e rang: Jean-Philippe Parr, qui a limité les dégâts avec un 71, et Émile Lebrun, l'homme en forme de mercredi avec un 67. L'angle de ce jeudi matin, le voici: après trois jours à contrôler le tournoi, le Québec aborde la finale en chasseur, à quatre coups, et c'est peut-être la position la plus libératrice qui soit.

Buffam et Lew, deux profils, une même adresse en tête

Les deux co-meneurs n'arrivent pas là par accident. Tobias Buffam joue littéralement dans sa cour: le golfeur de Calgary, étudiant-athlète à Lee University, débarque au national auréolé du 114e Championnat amateur de l'Alberta, gagné par sept coups à Fort McMurray. Son 66 (-6) de mercredi, la meilleure carte du jour parmi les meneurs, lui a fait gagner deux rangs au moment parfait.

Dawson Lew, 235e au classement mondial amateur (WAGR) et membre d'Équipe Canada NextGen, est le champion canadien junior 2025 et avait fini T5 à ce même championnat l'an dernier. Le Torontois, engagé envers North Carolina pour l'automne 2027, aligne des cartes de 70-65-67, dont un 65 sans bogey mardi. Un national qui se décide entre un produit du programme national et un gars de la place devant les siens, c'est déjà un bon scénario.

Parr, Lebrun, Rouleau: la chasse québécoise à trois têtes

Le contraste avec mardi est frappant pour Parr: après son 64 de neuf birdies, le golfeur de Saint-Célestin a signé un 71 (-1) qui l'a fait glisser de la tête au 3e rang, à quatre coups. Mais l'histoire québécoise de mercredi, c'est Émile Lebrun: le Lavallois a grimpé de 15 rangs avec un 67 (-5) pour rejoindre Parr à -10 et s'inviter dans le dernier groupe de chasse.

Ajoutez Alexis Rouleau, le Montréalais qui suit à -7 (T9) avec trois rondes dans les 60 et 70 (69-70-70), et Antoine Jasmin (Blainville) à -6, et le Québec place quatre joueurs dans le top 15. Et, avec sa performance de -12 à la ronde finale du Duc de Kent, on ne doit pas prendre Jasmin pour vaincu.

La journée a toutefois fait une victime: Thomas Grenier, meneur après 36 trous, a chuté au 23e rang après un difficile 76 (+4). Parr, lui, sait que tout passe par son fer droit. « Quand les roulés tombent, tu as l'impression de ne plus pouvoir rater un coup. J'aimerais avoir cette sensation-là tout le temps », confiait-il aux médias de Golf Canada après sa ronde de mardi (traduction libre). Quatre coups en 18 trous, sur un parcours où il a déjà joué 64: le scénario n'a rien d'impossible.

Pourquoi ça compte: le billet qui change une trajectoire ‍

La Coupe Earl Grey n'est pas juste un trophée centenaire, c'est une clé qui ouvre trois portes d'un coup. Le champion de ce soir repart avec une place dans le champ de l'Omnium canadien RBC 2027, une exemption pour le 126e U.S. Amateur et des laissez-passer vers les qualifications finales de l'U.S. Open 2027. Pour un amateur, c'est une année complète de vitrine sur les plus grandes scènes du golf, sans passer par la loterie des qualifications.

Et l'histoire montre que ce tremplin mène loin: Corey Conners abordait lui aussi la ronde finale en tête à l'édition 2014, avant de soulever le trophée et de tracer sa route jusqu'au PGA Tour. L'an dernier, il avait fallu un birdie au deuxième trou de prolongation pour couronner l'Australien Declan O'Donovan. Autrement dit: ce championnat a l'habitude de se décider dans les derniers souffles, et un duo de meneurs poursuivi par un peloton compact, c'est la recette exacte d'un autre finish serré.‍ ‍

Ce qu'on surveille aujourd'hui

Trois choses à garder à l'oeil pendant la finale. Un: le duel des meneurs, entre l'expérience internationale de Lew et l'avantage du terrain de Buffam, qui n'a pas encore cligné des yeux.

Deux: la réponse québécoise, parce qu'un 64 comme celui de mardi, Parr l'a déjà dans les mains, et que Lebrun vient de prouver que le Mickelson National lui parle.

Trois: l'écart de quatre coups, jouable mais impitoyable: les poursuivants devront attaquer tôt, quitte à payer sur les derniers neuf trous, là où la Coupe Willingdon s'est décidée par un seul coup mardi. La semaine du Québec à Calgary est déjà réussie, il reste maintenant 18 trous pour transformer une belle semaine en semaine historique. Résultat final ce soir; on fera le bilan complet demain matin, avec le nom du champion et, on l'espère, un accent d'ici au bout du fil.

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