Coupe des Présidents 2026: aucun Canadien qualifié d'office

PGA

Vingt-deux mois après l'humiliation de Royal Montréal, le golf canadien repart à zéro sur la route de Medinah. Et le portrait de mi-saison n'est pas rassurant.

Quand l'équipe Internationale a accueilli les États-Unis à Montréal en septembre 2024, le Québec rêvait d'un renversement. Il a plutôt assisté à une démonstration: une défaite de 18,5 à 11,5, la pire raclée subie à domicile dans l'histoire de la Coupe des Présidents et la plus large pour les Américains depuis 2017. La revanche est déjà à l'horizon, du 22 au 27 septembre 2026 au Medinah Country Club, en banlieue de Chicago. Sauf qu'à mi-chemin de la qualification, le contingent canadien n'est nulle part dans les positions qui comptent.

Six places automatiques, zéro Canadien

Chez les Internationaux, la formule est limpide: les six premiers admissibles au classement mondial (OWGR) se qualifient d'office, puis le capitaine ajoute six sélections. Au pointage de qualification du début juin, les six places automatiques étaient occupées par Si Woo Kim, Hideki Matsuyama, Min Woo Lee, Jason Day, Adam Scott et Ryan Fox. Trois Australiens, deux joueurs marqués par l'expérience des Coupes, et pas un seul passeport canadien dans le lot.

C'est un revirement, parce que la donne de départ était bien différente. Dans ses projections de janvier, le circuit de la PGA voyait Matsuyama, Corey Conners et Fox amorcer 2026 comme les Internationaux les mieux classés, donc comme des qualifiés naturels. Six mois plus tard, Conners a glissé hors du top six, et les autres noms d'ici, Nick Taylor, Taylor Pendrith et Adam Hadwin, se retrouvent tous relégués au statut d'espoirs de sélection. Le tracker classe d'ailleurs ces quatre joueurs dans une même « voie canadienne », celle des candidats aux choix du capitaine.

Pourquoi le Canada a reculé

La raison est mécanique avant d'être dramatique. Le classement mondial récompense la régularité au sommet, et la première moitié de 2026 a été tranquille pour les meilleurs Canadiens. Conners, longtemps l'assurance-qualité du golf canadien grâce à son jeu de fers, n'a pas trouvé les week-ends qui font grimper un golfeur dans l'OWGR. Pendant ce temps, le trio australien Day-Scott-Lee a empilé les résultats, et la Corée garde une profondeur que le Canada n'a tout simplement pas.

Il reste du temps. La fenêtre de qualification automatique des Internationaux court jusqu'au volet de la Coupe FedEx à la fin de l'été, ce qui laisse les séries éliminatoires comme dernier grand tremplin. Un Canadien qui enchaîne deux ou trois performances dans ces tournois bonifiés peut encore bondir. Mais soyons clairs: à ce rythme, la présence canadienne à Medinah passera surtout par la bonne volonté d'un homme.

Geoff Ogilvy tient la clé

Cet homme, c'est Geoff Ogilvy, capitaine de l'équipe Internationale et architecte du récent réaménagement du parcours No 3 de Medinah. Il connaît donc le terrain mieux que quiconque, et c'est lui qui distribuera les six sélections une fois les places automatiques figées. Pour les Canadiens, tout l'enjeu est là: convaincre Ogilvy qu'ils apportent plus qu'un classement, soit une chimie de duos en quatre-balles, de la fiabilité en coups alternés et des nerfs solides devant une foule hostile.

L'argument n'est pas mince. Conners et Taylor traînent une réelle expérience de matchs par trous, et le golf canadien vient de vivre, à Royal Montréal, exactement le genre de semaine qui forge un groupe. Reste qu'une sélection n'est jamais garantie, et qu'Ogilvy devra aussi soigner les voies coréenne et australienne. Pour suivre l'évolution des positions d'ici, on a fait le point récemment sur le classement mondial des golfeurs canadiens.

Ce qu'on surveille d'ici septembre

Le vrai test arrivera avec les séries de la Coupe FedEx, le dernier endroit où un Canadien peut encore se hisser dans le top six et s'épargner le stress d'une sélection. À défaut, le sort du golf canadien à Medinah se jouera dans la tête de Geoff Ogilvy, quelque part en août. Après la leçon reçue à domicile en 2024, une chose est sûre: les golfeurs d'ici ont une revanche à aller chercher, à condition d'abord d'obtenir leur billet.

Précédent
Précédent

Scheffler est-il en train de rendre le golf plate?

Suivant
Suivant

Scheffler frôle le 59 et écrase le Travelers 2026