LIV Golf annulerait sa finale de 40 M$: le début de la fin

La grande finale par équipes du LIV au Michigan serait rayée du calendrier, faute de financement. Quand une ligue n'arrive même plus à tenir son propre party de fin d'année, c'est que le compte à rebours est commencé.

Il y a quatre ans, le LIV débarquait avec des bourses obscènes et la promesse de réinventer le golf. Cette semaine, la ligue saoudienne s'apprêterait à annuler l'événement censé couronner sa saison: le Championnat par équipes de 40 M$ US, prévu du 27 au 30 août au Cardinal at Saint John's Resort, en banlieue de Detroit. Selon le journaliste Tom Hobbs (Flushing It), dont le rapport a été repris par TSN, Golf Channel et Front Office Sports, l'annonce officielle était attendue mercredi; au moment de publier, elle n'était toujours pas tombée. Mais la vraie histoire dépasse un tournoi annulé: c'est le portrait d'une ligue qui meurt à petit feu, pendant que le reste du golf mondial se réorganise sans elle.

Une finale de 40 M$ rayée du calendrier

Le Championnat par équipes, c'était la signature du LIV: le format qui devait justifier toute la structure de franchises de la ligue, avec 40 M$ US en jeu pour clore la saison. Sa disparition ramènerait le calendrier 2026 de 14 à 12 événements, une deuxième amputation depuis le printemps. Il ne resterait que deux arrêts: LIV New York au Trump National de Bedminster, du 6 au 9 août, puis LIV Indianapolis au Club at Chatham Hills, du 20 au 23 août. Une saison qui devait culminer fin août au Michigan se terminerait donc en Indiana, sans finale, sans couronnement par équipes. Pour une ligue qui a bâti tout son argumentaire marketing sur le concept d'équipes, difficile d'imaginer un symbole plus brutal.

Un terrain vide qui disait déjà tout

Le secret était d'ailleurs mal gardé. Le Detroit News rapportait la semaine dernière qu'aucune infrastructure n'avait été érigée au Cardinal at Saint John's: pas d'estrades, pas de loges, rien, alors que ce genre de chantier se compte normalement en mois. Kevin Doyle, le patron de l'organisation qui gère le parcours, s'en tenait au service minimum: « Rien de neuf pour l'instant. La planification du LIV suit son cours et l'équipe de Saint John's continue de travailler étroitement avec eux » (traduction libre). Martin Kaymer, lui, a été moins diplomate après une rencontre des capitaines en Angleterre, évoquant « 5 % de chances » que l'événement ait lieu. « Je sais qu'Indianapolis va fort probablement avoir lieu. Le Michigan? Hautement improbable. Bref, ce qu'on savait déjà », a confié l'Allemand à Today's Golfer (traduction libre). Quand tes propres capitaines parlent de ta finale au passé, le communiqué de presse devient une formalité.

Pourquoi ça compte: le robinet du PIF se ferme

Le nerf de la guerre, c'est l'argent, et il ne coule plus. Le Fonds public d'investissement saoudien (PIF), qui a englouti des milliards dans l'aventure depuis 2022, a annoncé en avril qu'il cesserait de financer la ligue après la saison 2026, et le financement se dépenserait même plus vite que prévu selon Front Office Sports. Les conséquences sont déjà visibles: Brooks Koepka et Patrick Reed ont quitté le navire plus tôt cette année, et Hobbs rapporte que plusieurs autres joueurs prépareraient leur sortie à la fin de la saison, peu importe ce qu'il advient de la ligue. C'est la mécanique classique d'une fin de régime: l'argent part, les vedettes suivent, et chaque événement annulé rend le produit encore moins vendable. Pour les golfeurs d'ici qui se demandaient si le LIV finirait par recruter chez nous, la question semble désormais réglée d'elle-même.

L'étau se resserre: l'alliance à trois qui isole LIV‍ ‍

Pendant que le LIV compte ses semaines, l'écosystème se referme sans lui. Le 21 juillet, le PGA Tour, le DP World Tour et l'Asian Tour ont annoncé un partenariat jusqu'en 2029 au minimum: passerelles pour les meilleurs joueurs asiatiques vers le DP World Tour et le circuit HotelPlanner dès 2027, et retour de tournois co-sanctionnés. Le détail qui tue: l'Asian Tour était le dernier allié institutionnel du LIV, celui qui offrait des points et une légitimité à ses joueurs via l'International Series. Comme l'a résumé le panel de Golf Today, la ligue se retrouve « aux soins intensifs », même les exploits sportifs du LIV peinent à exister médiatiquement. Une ligue sans financement, sans alliés et sans finale, ça commence à ressembler à une liquidation.

Ce qu'on surveille maintenant: l'annonce officielle de l'annulation, le sort de Bedminster et d'Indianapolis, et surtout le grand jeu de chaises musicales de l'automne, quand les joueurs du LIV chercheront une porte de retour vers les circuits traditionnels. Le golf a vécu quatre ans de guerre froide à coups de milliards; il est en train de découvrir comment elle se termine. Pas par une fusion spectaculaire, mais par un terrain vide en banlieue de Detroit.

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