Papineau et Savoie au Korn Ferry Tour : ce que ça change vraiment pour nos deux Québécois

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Deux Québécois, deux cartes du Korn Ferry Tour pour 2027. Étienne Papineau avait la sienne en poche avant même d'atterrir en République dominicaine. Joey Savoie est allé chercher la sienne dimanche, en gagnant la finale de saison du PGA Tour Americas. C'est beau, mais concrètement, « monter au Korn Ferry », ça veut dire quoi? Des bourses quatre fois plus grosses, une coupure chaque semaine, 20 cartes du PGA Tour au bout de l'année, et une réforme en 2028 qui rend 2027 plus importante que jamais. On t'explique.

Le Korn Ferry Tour, c'est l'antichambre du PGA Tour

Si tu suis le golf pro seulement les dimanches de majeurs, voici le résumé. Le PGA Tour, c'est le sommet. Juste en dessous, il y a le Korn Ferry Tour. Et en dessous encore, le PGA Tour Americas, où Papineau et Savoie ont passé leur 2026.

Le Korn Ferry Tour en 2026, c'était 25 tournois, 27 millions de dollars américains en bourses, 18 arrêts aux États-Unis et sept à l'extérieur (Bahamas, Panama, Colombie, Argentine, Chili, Mexique). La saison part en janvier et se termine en octobre avec quatre tournois des Finals, où les points valent plus cher.

La règle qui compte : les 20 premiers de la liste des points à la fin de la saison obtiennent leur carte du PGA Tour pour l'année suivante. Le premier de la liste ajoute une invitation au Players Championship et à l'Omnium des États-Unis. Et un joueur qui gagne trois fois dans la même saison monte au PGA Tour sur-le-champ, sans attendre la fin de l'année.

C'est ça, la marche que nos deux gars viennent de grimper. Il en reste une.

Le saut financier : une semaine au Korn Ferry vaut quatre semaines au PGA Tour Americas

Parlons argent, parce que c'est là que la différence frappe le plus fort.

Sur le PGA Tour Americas, chaque tournoi offre une bourse de 225 000 $ US, dont 40 500 $ au gagnant. Un top 10 rapporte entre 6 000 $ et 8 000 $. Avec ça, tu paies ton vol, ton hôtel et ton cadet. Pas beaucoup plus.

Sur le Korn Ferry Tour, la bourse minimale est de 1 million de dollars US par tournoi, et de 1,5 million pour chacun des quatre tournois des Finals. En janvier 2026, le gagnant du premier tournoi de la saison aux Bahamas est reparti avec 180 000 $. Une victoire là-bas vaut plus de quatre fois une victoire sur le PGA Tour Americas.

Pour te donner une idée : avant la finale de dimanche, la fiche officielle de Joey Savoie affichait 129 876 $ de gains en carrière sur le PGA Tour Americas, victoire en Équateur comprise. Une seule victoire au Korn Ferry Tour dépasse ça.

Ça change la vie d'un golfeur pro. Il ne devient pas riche, mais il peut enfin se concentrer sur le golf plutôt que sur le budget.

Papineau : un retour sur un terrain connu, avec de l'expérience en banque

Pour Étienne Papineau, 2027 sera un retour sur un circuit qu'il connaît déjà.

Le gars de Saint-Jean-sur-Richelieu avait gagné sa première carte du Korn Ferry Tour en terminant 4e de la Coupe Fortinet en 2023. Comme recrue en 2024, il a fini 70e de la liste des points, assez pour conserver son statut complet pour 2025. Puis 2025 a été une saison dure, avec beaucoup de coupures ratées. À sa 19e sortie de la saison, en Utah au début d'août, il a mené après une ronde. Sa fiche en carrière sur le circuit à ce moment-là : 43 départs, zéro victoire, un seul top 10. À la fin de 2025, il a perdu son statut.

Il est arrivé sur le PGA Tour Americas en 2026 avec un statut conditionnel. Une deuxième place à égalité en Colombie, en juin, lui a sauvé sa saison juste avant la première réorganisation des priorités . Ensuite, il a gagné l'Osprey Valley Open en juillet, puis le Digital Commerce Group Open en septembre, seul double gagnant du circuit en 2026. Il est arrivé à la finale au 3e rang de la liste avec 1 382,55 points, et sa carte était confirmée depuis le mardi 13 octobre. Dimanche, il a fermé sa saison avec la meilleure carte du jour, un 64 (-8), pour terminer à égalité au 13e rang.

Ce que ça veut dire pour lui : il revient sur un circuit dont il connaît les parcours, les voyages, le rythme et la coupure. Et il y revient avec quelque chose qu'il n'avait pas en 2024, deux victoires sur le PGA Tour Americas et la preuve qu'il sait fermer un tournoi.

Un détail qui en dit long sur le niveau : en 2024, son 70e rang lui avait gardé sa carte, parce que le top 75 était protégé. Depuis cette saison, la barre est au 60e rang. Le même rang ne suffirait plus.

Savoie : la première fois, et il arrive avec un trophée

Pour Joey Savoie, c'est une autre histoire. Pro depuis 2020, passé par Middle Tennessee State en NCAA et par Équipe Canada, il a attendu sa septième saison chez les pros pour gagner sur le PGA Tour Americas. Il a réglé ça en Équateur cet été, au KIA Open de Ecuador, avec un 267 (66-65-67-69) qui l'a propulsé du 17e au 2e rang de la liste des points.

Puis il a glissé. Il est arrivé en République dominicaine au 12e rang, à 52 points de la 10e place. Il avait besoin d'une grosse semaine. Il a fait mieux : 73-68-66-67, un total de 274 (-14), une victoire par un coup sur Mason Williams, Kyle Cottam et Charlie Crockett, et les 600 points du gagnant qui le propulse au 4e rang de la liste finale.

Ce que ça veut dire pour lui : il monte au Korn Ferry Tour pour la première fois comme membre, et il y arrive avec un titre de champion de la finale et deux victoires dans sa saison. On a vu pire comme carte de visite.

Il arrive aussi avec une qualité que le Korn Ferry Tour récompense : la capacité de finir. Sa fin de semaine en République dominicaine, c'est 36 trous sans bogey. Sur un circuit où la coupure tombe au 65e rang et où tout le monde sait jouer 65, ça compte.

Les chiffres à retenir pour 2027

Ce sont les règles de 2026, qui devraient s'appliquer en 2027.

  1. Top 20 de la liste des points à la fin de la saison : carte du PGA Tour 2028.

  2. 1er de la liste : carte du PGA Tour, plus le Players Championship et l'Omnium des États-Unis.

  3. Rangs 21 à 60 : statut complet sur le Korn Ferry Tour l'année suivante, et accès direct à la finale de la Q-School du PGA Tour, où cinq autres cartes sont en jeu.

  4. Rangs 61 à 100 : statut conditionnel.

  5. Trois victoires dans la saison : promotion immédiate au PGA Tour.

  6. Coupure chaque semaine : 65 premiers et égalités, comme sur le PGA Tour.

Un chiffre pour mesurer la marche : sur les 20 diplômés du Korn Ferry Tour en 2026, 16 vont jouer leur première saison sur le PGA Tour en 2027. Ce circuit produit des recrues du PGA Tour à la chaîne.

Et la marche suivante est plus raide qu'avant. Depuis 2026, seuls les 100 premiers de la FedEx Cup gardent leur carte du PGA Tour, le Korn Ferry Tour n'envoie plus que 20 joueurs par année, contre 30 auparavant, et ces diplômés passent derrière les 10 joueurs venus du DP World Tour dans l'ordre de priorité. Autrement dit, le top 20 du Korn Ferry Tour est devenu le top 20 le plus dur à atteindre de l'histoire du circuit.

Pourquoi 2027 n'est pas une année comme les autres

Le PGA Tour a approuvé une réforme majeure qui entre en vigueur en 2028 : une structure à deux niveaux, avec une « Championship Series » réservée aux meilleurs et des champs de 120 joueurs, et un deuxième circuit en dessous, avec promotion et relégation entre les deux. Comment le Korn Ferry Tour va se brancher là-dedans, le détail n'est pas encore public au moment d'écrire.

Ce qu'on peut dire : une carte du PGA Tour gagnée en 2027, c'est une place à l'intérieur du système avant qu'on redessine les portes. Pour Papineau et Savoie, à notre lecture, la fenêtre de 2027 compte double. Le top 20 du Korn Ferry Tour l'an prochain, c'est le train à prendre avant le changement d'horaire.

Ce qu'on va suivre

La saison 2027 du Korn Ferry Tour devrait s'ouvrir en janvier, comme en 2026, où tout a commencé aux Bahamas le 11 janvier. Deux Québécois au départ, deux histoires différentes : le retour de Papineau, le premier tour de piste de Savoie.

On va suivre chaque départ, chaque coupure, chaque montée dans la liste des points. Parce que la prochaine question est déjà posée : lequel des deux sera dans le top 20?

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