Spieth revient au John Deere, là où tout a commencé

PGA

Jordan Spieth relance sa saison à l'endroit exact où sa carrière a décollé. Retour sur un pèlerinage qui n'a rien d'anodin.

Il y a des parcours qui vous collent à la peau. Pour Jordan Spieth, c'est TPC Deere Run, ce tracé de l'Illinois où un gamin de 19 ans est devenu, en 2013, le plus jeune vainqueur du PGA Tour depuis 1931. Treize ans plus tard, le Texan y revient, 53e au classement mondial et sans victoire depuis le RBC Heritage de 2022. Le John Deere Classic 2026 s'est élancé ce jeudi, et la vraie histoire de la semaine n'est pas la bourse ni la liste des favoris: c'est un champion qui retourne à sa source pour retrouver l'étincelle.

Le décor est planté à TPC Deere Run

Le John Deere Classic commence aujourd’hui à Silvis, en Illinois, sur un parcours à normale 71 de 7 289 verges, pour une bourse de 8,8 M$US. Ce n'est pas un tournoi «signature» bourré de vedettes: les gros noms préparent plutôt le détour écossais avant le British Open. Justement, c'est ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour un joueur en quête de repères. Le tenant du titre, l'Américain Brian Campbell, avait enlevé l'édition 2025 en prolongation face à Emiliano Grillo. Cette année, le champion empochera 1 784 000 $US, mais pour Spieth, l'enjeu se compte davantage en confiance qu'en dollars.

Un parcours taillé pour son jeu

TPC Deere Run récompense le short game et le putting, deux départements qui ont fait la légende de Spieth. Lors de ses deux triomphes, en 2013 et 2015, il avait terminé dans le top 10 du circuit pour les coups roulés par vert atteint en régulation. Traduction pour le golfeur du dimanche: sur un parcours qui donne des occasions de Birdie, celui qui rentre ses roulés de six pieds à l’avantage. Son bilan ici donne le vertige: jamais pire que 26e rang en cinq présences en carrière. Le sacre de 2015 s'était réglé en prolongation contre Tom Gillis, après une troisième ronde de 61. Bref, l'homme n'a jamais quitté ces lieux déçu, et à un moment où chaque semaine ressemble à un combat, ça compte.

La question du putter, et d'une disette

Voilà pourquoi le décryptage passe par le sac. Aperçu à l'entraînement avec un putter L.A.B. Golf avant le Travelers, Spieth a fait sursauter la planète golf: son fidèle T.P. Mills, une lame classique, l'a accompagné dans ses trois titres majeurs. Il a finalement choisi la continuité. « Mon plan cette semaine, c'est simplement de rester où je suis. J'ai rentré quelques roulés dimanche, et je compte transporter cet élan cette semaine », a-t-il expliqué mardi. Derrière le débat d'équipement se cache une réalité plus dure: treize victoires sur le circuit, mais aucune depuis presque quatre ans. Au 53eme rang mondial, Spieth n'est plus l'ado prodige, mais il refuse le procès en déclin. « Je sens que mon jeu est dans un très bon état. Je suis plus régulier et meilleur golfeur dans l'ensemble que je ne l'ai été depuis longtemps. Si je reste sur ma ligne, les résultats vont venir », a-t-il affirmé. Une saison 2026 déjà solide, avec huit top 25, lui donne raison sur le fond. Reste à convertir la régularité en trophée.

Ce qui se joue aussi cette semaine

Le John Deere n'est pas qu'une affaire de nostalgie. C'est aussi la dernière porte d'entrée pour le British Open de Royal Birkdale: les mieux classés non encore exemptés y décrochent leur accès. La semaine marque par ailleurs les grands débuts professionnels de la recrue Jackson Koivun. Côté canadien, le contingent est mince mais bien réel: le Britanno-Colombien Adam Hadwin et l'Ontarien Ben Silverman sont de la partie, tous deux à la recherche de points précieux au classement de la Coupe FedEx avant la fin de la saison régulière.

Le premier tour livrera vite un verdict partiel: si Spieth rentre encore ses roulés comme dimanche dernier au Travelers, TPC Deere Run pourrait bien redevenir, le temps d'une semaine, le jardin où il se sent invincible. Et si la magie opère, ce n'est plus un simple retour: c'est le déclic d'une saison. On surveille sa carte du jeudi, et on garde un oeil sur les Canadiens sur la bulle. Chez nous, on swingue notre swing douze mois par année, et une renaissance, ça ne se manque pas.

Précédent
Précédent

Dernier au Travelers, Glover mène le John Deere

Suivant
Suivant

NextGen Québec : Lucas Zhao triomphe à domicile et le Québec rafle tout le top 8 masculin