Savoie et Papineau attendus sur le site de l'Omnium canadien
Crédit photo: Bernard Brault
Le PGA Tour Americas plante ses jalons à Caledon cette semaine, sur le terrain même qui a accueilli l'Omnium canadien en juin. Pour les deux gars de Saint-Jean-sur-Richelieu, ce n'est pas juste un autre arrêt: c'est une semaine qui peut réparer Ottawa ou la prolonger.
Ottawa a rendu son verdict, et on vous racontait samedi comment la cut a tranché dans le duo de Saint-Jean: Joey Savoie éliminé d'un seul coup, Étienne Papineau en action tout le week-end. La bonne nouvelle, c'est que le circuit ne laisse à personne le temps de ruminer. Dès jeudi, le PGA Tour Americas s'installe à Caledon, en Ontario, pour l'Osprey Valley Open, dixième tournoi de la saison. Et le décor n'a rien d'anodin: TPC Toronto at Osprey Valley, le complexe qui a reçu l'Omnium canadien RBC il y a cinq semaines à peine. Nos deux Québécois de la course aux cartes du Korn Ferry Tour débarquent donc sur le site le plus prestigieux du golf canadien. L'angle de la semaine, c'est celui-là: un tournoi qui compte double, pour les points comme pour la confiance.
Caledon, l'arrêt qui tombe au bon moment
Le calendrier du PGA Tour Americas traverse présentement sa séquence canadienne: Fredericton au début du mois avec l'Explore NB Open, Ottawa la semaine dernière, Caledon maintenant. Pour des joueurs d'ici, ces semaines-là valent de l'or: pas de fuseau horaire, pas de longue douane, un public qui les connaît. L'Osprey Valley Open se jouera de jeudi à dimanche au complexe TPC Toronto, qui a été transformé ces dernières années pour accueillir du golf de haut niveau. Son parcours North, rénové en 2023, a servi de théâtre à l'Omnium canadien RBC du 10 au 14 juin dernier, et le National y retournera en 2027, du 7 au 13 juin. Autrement dit, les joueurs du circuit de développement foulent cette semaine un site calibré pour le circuit de la PGA. Pour un golfeur en construction, difficile de trouver meilleure mesure de son jeu.
Savoie, se refaire là où il a côtoyé les gros canons
Pour Savoie, la semaine a des airs de retrouvailles. Le golfeur de 30 ans a disputé l'Omnium canadien RBC sur ce site en juin, y signant une égalité au 67e rang contre les meilleurs joueurs de la planète. Il y revient avec un statut complètement différent: celui de favori local, 5e au classement des points du PGA Tour Americas au moment d'aborder la séquence canadienne, porté par sa victoire du printemps au Kia Open de Ecuador. On rappelle le scénario, parce qu'il en dit long sur le personnage: deux bogeys aux 16e et 17e trous pour perdre son avance, puis un roulé de 10 pieds pour birdie au 72e trou afin de forcer la prolongation, et un autre birdie de la même distance au troisième trou supplémentaire pour battre Jack Lundin à -21. « Ce n'est jamais facile de gagner la première. Il y a un gros soupir de soulagement, et beaucoup de gratitude que ce soit ma semaine », avait confié Savoie, vainqueur à son 36e départ sur le circuit (traduction libre). Sa cut ratée d'un coup à Ottawa n'efface rien de tout ça; elle rappelle seulement que son coussin au classement n'est pas un contrat signé.
Papineau, la remontée qui ne tolère pas de pause
Le dossier de Papineau est l'inverse exact: pas de coussin, mais une courbe qui pointe dans la bonne direction. Après avoir raté ses cinq premières cuts de la saison, le deuxième golfeur de Saint-Jean-sur-Richelieu a signé un retour spectaculaire à Bogota, une ronde finale de 64 pour une égalité au 2e rang de l'Inter Rapidisimo Golf Championship, à un seul coup du vainqueur. Ce résultat l'a propulsé au 25e rang du classement des points à l'approche de la séquence canadienne. À Ottawa, il a fait exactement ce qu'il fallait: des rondes de 68, 69 et 71 pour passer la cut et empiler des points de plus, terminant en 26ème position. Mais dans sa situation, chaque semaine sans gros résultat est une semaine perdue: pour rejoindre le top 10, il ne peut pas se contenter de week-ends tranquilles. Caledon est le genre d'occasion qu'un joueur en remontée doit saisir à deux mains.
Pourquoi cette semaine compte double
Le décryptage tient en une équation simple: à la fin de la saison, les 10 premiers du classement des points du PGA Tour Americas obtiennent une carte du Korn Ferry Tour, l'antichambre directe du circuit de la PGA. Savoie défend une place acquise; Papineau en pourchasse une. Et la concurrence ne dort pas: l'Américain Thomas Ponder, numéro un du classement, vient d'enchaîner une victoire à Fredericton et un podium à Ottawa, son huitième top 10 de la saison, un sommet sur le circuit. La profondeur canadienne ajoute une couche d'intérêt: Savoie est devenu ce printemps le cinquième Canadien à gagner sur le PGA Tour Americas, après Matthew Anderson, Stuart Macdonald, A.J. Ewart et Drew Nesbitt, et des joueurs comme Brady McKinlay, T11 à Fredericton, rôdent aussi autour du top 25. Jouer ces semaines canadiennes à plein régime, c'est la façon la plus directe de transformer un été correct en changement de circuit.
La suite s'écrit dès jeudi matin sur les allées de Caledon. On surveillera d'abord la réaction de Savoie, parce qu'un joueur de sa trempe ne rate habituellement pas deux cuts de suite, puis la capacité de Papineau à convertir sa constance en gros chèque de points. Et on gardera un oeil sur le tableau d'ensemble: à mesure que la saison avance, chaque rang au classement se paie plus cher. Le site de l'Omnium canadien a couronné un champion du circuit de la PGA en juin. Cette semaine, il départage des carrières.